La Patagonie, ce n'est pas un pays, ni une région administrative d'un état latino-américain. La Patagonie, c'est cette terre du bout du monde qui s'étend sur le cône Sud de l'Amérique latine et que se partagent le Chili et l'Argentine.

La Patagonie argentine et chilienne

L’une de vos destinations en Argentine et au Chili sera sûrement la Patagonie. Elle occupe une grande partie du territoire. Terre de légendes et d’espaces, elle se mérite. La nature a réuni là, certaines de ses inventions les plus provocantes. Les trois règnes – animal, végétal et minéral – s’y sont réunis pour mieux se sublimer. C’est également une terre peuplée par des hommes courageux et singuliers.

Il y a des régions dans le monde dont leurs noms déclenchent en nous une sorte de fantasme, d’évasion, de folie… Et la Patagonie en fait bien sûr partie. Il est vrai que certains paysages ont le pouvoir de débrider l’esprit. La Patagonie en regorge…

La Patagonie fut découverte en 1519 par Magellan, qui nomma de nombreux lieux remarquables se trouvant sur son passage. Patagonie signifie “Terre des Grands Pieds”. La légende dit que Magellan et son équipage auraient aperçu une tribu de géants aux grands pieds. Ils nommèrent cette tribu les “Patagons” ou les “Grands Pieds”. Plus tard, des explorateurs prétendirent les avoir également vus et firent des dessins des Patagons.

Bien qu’elle n’ait pas de limites officielles, on considère généralement que la Patagonie couvre les territoires compris entre les 38° et 56° parallèles Sud, matérialisé, du Nord au Sud, par le Río Colorado, et le Cap Horn.

Épine dorsale du sous-continent, la Cordillère des Andes s’étire jusqu’aux archipels fuégiens et plonge sous la Mer de Drake avant de resurgir sur la péninsule antarctique. Frontière naturelle (et souvent discutée) entre le Chili et l’Argentine, elle sépare la Patagonie en deux zones géographiquement très distinctes.

A l’Ouest (côté chilien), prédomine la forêt australe, dense et soumise à un important régime de précipitations (jusqu’à 4 000 mm/an), elle croît jusqu’aux abords des fjords de la côte déchiquetée du Pacifique, sur une bande de terre qui dépasse rarement les 100 km de large.

A l’Est (côté argentin), la cordillère ayant barré l’accès aux trombes d’eau du Pacifique, prédomine une steppe semi-aride constituée en plateaux “mesetas” qui s’étendent jusqu’aux falaises desséchées de la côte Atlantique.

Secousses telluriques et périodes glaciaires ont donné aux Andes de Patagonie ce relief si particulier de pics et d’aiguilles rocheuses, dont les sommets dépassent rarement les 3 000 mètres. Des périodes glaciaires, il est resté deux gigantesques glaciers continentaux : le “Hielo Norte” (4 500 km²) et le “Hielo Sur” (13 500 km²), qui déroulent leurs tentacules gelés sur le versant oriental de la cordillère et jusque dans les fjords de la côte pacifique, formant de nombreux glaciers parmi les plus imposants de la planète.

Nous sommes ici tout en bas du continent Américain, où la vie semble se terminer, où bien commencer… Véritable paradis sur terre lorsque le beau temps est présent, l’enfer peut rapidement pointer le bout de son nez tellement les conditions sont parfois extrêmes. Le vent est un élément qui est perpétuellement présent. Nettoyant tout sur son passage, il semble vouloir sculpter les éléments et emporter avec lui nos peines et nos raisons. Dans le grand Sud, les conditions climatiques sont si difficiles, surtout en hiver, que même l’Homme n’a pas réussi à s’installer massivement (et tant mieux !).

Dans la partie Nord de la Patagonie, le climat est bien plus tempéré et les températures en été austral pourront même surprendre tant elles peuvent être élevées. La région des lacs offre d’ailleurs une variété de paysages à explorer, des décors de rêve qui confèrent à cette région de la Patagonie, un environnement digne d’un jardin d’Éden…

La Patagonie chilienne est très différente de sa voisine argentine. Sauvage, accidenté et humide, le Sud du Chili a pendant longtemps été inaccessible. Une route “folle” a vue le jour sous le régime du général Pinochet : la Route Australe “La Carretera Austral”, qui commence à Puerto Montt, continue le long de la côte en serpentant. Un ferry permet de rejoindre, de l’autre côté de la mer, les villes portuaires que la Route Australe relie à des villages de pionniers. Elle cherche ensuite son chemin à travers des parcs nationaux et des pâturages, des montagnes rocheuses couvertes de neiges éternelles et des charmantes vallées avant de se perdre, à la frontière argentine, dans le village de Villa O’Higgins.

C’est l’une des routes les plus singulières de la planète, qui longe la côte pacifique sur 1 200 kilomètres et n’est, souvent, pas plus large de 2 mètres. Une route de rêve pour les amis de la nature et les aventuriers. Les voyageurs passent près de fjords, de glaciers et de volcans, traversent la forêt tropicale et la Pampa, découvrent des rivières agitées et des falaises profondes. Tout au Sud, la géographie naturelle prendra le pas sur les hommes et sur leurs soifs à nationaliser les espaces. Ainsi, au bout de la Route Australe, il n’y a pas d’autres moyens que de passer en Argentine pour relier Punta Arenas au Chili, au grand désespoir des chiliens.

De l’autre côté de la frontière, en Argentine, la fameuse Route 40 longe la Cordillère des Andes avec comme terminus la ville de Río Gallegos au bord de l’Atlantique Sud. De là, pour descendre plus au Sud en Terre de Feu, le passage par le Chili est obligatoire pour traverser le fameux Détroit de Magellan, cette fois ci au grand désespoir des argentins !

Les animaux eux n’ont pas ce problème, et peuvent vaguer d’un territoire à l’autre. Le symbole de cette liberté de mouvement est le condor qui plane et règne sur les cimes de la Cordillère des Andes. C’est un oiseau charognard qui possède la plus grande envergure, allant jusqu’à 3,50 m !!! Ce qui lui permet de planer en cercles jusqu’à plus de 6 000 m d’altitude. Le condor des Andes utilise au maximum les courants thermiques afin d’éviter tout effort inutile, car après une trentaine de battements d’ailes il est déjà épuisé.

La Patagonie est une région constituée d’une faune très riche. Aller en Patagonie pour observer des animaux est forcément l’une des raisons d’un tel voyage. Parmi la faune du littorale on doit souligner les loups marins ou otaries à fourrure australes, éléphants de mer du sud, manchots, pétrels, cormorans, baleines franches, baleines à bosse, baleines bleues, orques et bien d’autres espèces encore… Le long des côtes et en pleine mer, tous ces animaux sont assez facilement observables. Alors préparez vos objectifs de photographe !

Vous l’aurez compris, la Patagonie est une destination hors-norme et encore préservée, grâce à son éloignement et à ses conditions climatiques assez spéciales. Un voyage sous ces latitudes sera l’occasion pour vous de méditer sur cette phrase :

“Il n’y a plus que la Patagonie qui convienne à mon immense tristesse” – pensait déjà Blaise Cendrars, alors qu’il se laissait emporter par les écrits de son Transsibérien vers les lointaines contrées d’un pays tout aussi sauvage, lointain et hostile : la Sibérie.

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De la côte Patagonienne à la Cordillère des Andes

J’aime profondément cette région de la Patagonie, celle présente dans l’imaginaire de chacun : des plaines à perte de vue, des plats paysages, des routes interminables, des kilomètres de terres inhabitées, l’infini au loin qui se confond avec l’horizon. Le ciel est bas, offrant une vision panoramique permanente.   Sur la route, de nombreux animaux, rapaces, guanacos, renards, nandous croisent …

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