Lorsque j’ai découvert Tolar Grande pour la première fois, rares étaient les « circuits touristiques » qui s’y aventuraient. À seulement une journée de route de Salta, le changement de décor est pourtant saisissant : montagnes aux couleurs irréelles, immenses salars, volcans géants et pistes perdues composent un paysage qui semble appartenir à une autre planète.

Salar Arizaro près de Tolar Grande en Argentine

Ici, tout semble appartenir au monde minéral. La végétation se fait discrète, les reliefs prennent des formes improbables et le silence, seulement troublé par le vent, renforce cette sensation d’être arrivé au bout du monde.

Ancien village minier, Tolar Grande conserve les vestiges de nombreuses exploitations qui témoignent de son passé industriel. La plupart ont été abandonnées au fil du temps, les compagnies minières ayant progressivement privilégié le versant chilien, dont la proximité avec les ports du Pacifique facilitait l’exportation des minerais vers les marchés internationaux.

Aujourd’hui, ces vestiges industriels, perdus au milieu de l’immensité de la Puna, offrent un contraste saisissant entre l’activité qui animait autrefois la région et le silence qui règne désormais sur ces paysages d’altitude.

Tolar Grande et ses alentours

Pour rejoindre Tolar Grande, l’itinéraire semble tout droit sorti d’un roman de science-fiction, alors qu’il est pourtant bien réel. Le voyage débute à bord du Train des Nuages jusqu’au spectaculaire viaduc de La Polvorilla, perché à plus de 4 000 mètres d’altitude. Son impressionnante silhouette métallique n’est pas sans rappeler le viaduc du haut duquel Tintin saute dans « Le Temple du Soleil ». Sur son trajet, la voie ferrée traverse un total de 31 ponts, 21 tunnels, 13 viaducs, 2 tire-bouchons et 2 zigzags.

Puis, il faut prendre la route, ou plutôt la piste, vers le Salar de Pocitos via la route 27. Depuis cette cité minière perdue, la piste serpente dans un incroyable paysage lunaire, au milieu de reliefs et de couleurs surréalistes. Nous sommes ici au cœur de la haute Puna andine, sur des plateaux culminant à plus de 4 000 mètres, mais on pourrait se croire sur la planète Mars !

Tolar Grande, avec ses allures de ville du Far West, constitue le point de départ de plusieurs excursions spectaculaires. Parmi elles figure le Cône d’Arita, une étonnante pyramide naturelle sombre, presque parfaite, dressée au milieu de l’immensité blanche du salar d’Arizaro. Isolé dans cet océan de sel, il évoque un phare guidant les rares voyageurs qui s’aventurent dans ces paysages hors du temps ; ou encore Mina La Casualidad (« Mine le Hasard »), ancienne mine de soufre, à la frontière avec le Chili et proche du Volcan Llullaillaco et de ses 6 739 mètres d’altitude, où furent découvertes les momies de 3 enfants de l’époque des Incas.

Cône d'Arita Tolar Grande Argentine
Ojos de Mar à Tolar Grande, la Puna Argentine
El Arenal Tolar Grande Argentine
Laguna Santa María

Cône d’Arita

Il se trouve à 76 km du village de Tolar Grande, dans la partie sud du Salar d’Arizaro. C’est une montagne énigmatique de forme conique qui constitue l’un des sites les plus impressionnants de la puna de Salta. Tout au long du trajet pour s’y rendre, on peut admirer l’immensité du salar et la majesté de la Cordillère des Andes avec ses volcans sacrés.

Ojos de Mar

Les Ojos de Mar (« Yeux de Mer »), situés à seulement 4 km du village ; en chemin, on peut observer des espèces de la flore et de la faune autochtones typiques de la région, telles que la tola, la yareta et les vigognes. Une fois sur place, on peut admirer des sources d’eau cristalline au milieu des salines de Tolar Grande. Récemment, on a découvert dans cette région des micro-organismes préhistoriques vivants appelés stromatolithes.

El Arenal

A 3 km au nord du village. L’accès se fait exclusivement en véhicule 4×4 ; c’est un endroit idéal pour commencer une randonnée en altitude et rejoindre le belvédère d’où l’on peut admirer l’une des plus belles vues sur la Cordillère des Andes. À certaines périodes de l’année, c’est un lieu parfait pour pratiquer le sandboard.

Laguna Santa María

Située à 65 km, au pied du volcan Incahuasi, à 4 km de la frontière avec le Chili. Le moment idéal pour la visite est le matin, car la lumière du soleil à cette heure-là permet de mieux observer les flamants roses et les parinas qui y vivent. Au cours du trajet, on traverse l’immense steppe aride aux teintes jaunes et on peut admirer les couleurs étonnantes de la cordillère, ainsi que des panoramas exceptionnels sur les volcans de la cordillère et l’immensité du salar d’Arizaro.

Depuis Tolar Grande, les possibilités d’exploration semblent infinies : rejoindre le Chili en franchissant la cordillère, poursuivre vers les paysages volcaniques de la province de Catamarca ou encore traverser l’immense Salar del Hombre Muerto. Au cœur de la Puna, chaque piste est une invitation à une nouvelle aventure dans l’un des territoires les plus sauvages et les plus fascinants des Andes.