
La personalité féminine
Argentine la plus célèbre de par le monde est incontestablement Evita.
Elle rencontre le colonel Juan Perón
lors d'une vente de charité organisée afin de récolter des fonds pour les
victimes du tremblement de terre qui avait secoué la région de San Juan. Après
avoir été pendant un temps sa maîtresse, elle l'épouse le 21 octobre 1945.
Ses racines humbles l'ont
tout naturellement destinée à assurer la liaison entre son mari et les
travailleurs, ceux qu'elle appelle les sans-chemises (descamisados), fondement
du soutien politique à son mari.
Elle a fortement contribué à la campagne de son mari pour l'élection
présidentielle de 1946. Utilisant son émission de radio hebdomadaire, elle se
lance dans de grands discours appelant les pauvres à se relever. Elle met en
avant ses racines modestes afin de montrer sa solidarité avec les classes les
plus défavorisées.

Après l'élection de son mari, Evita prit immédiatement un rôle considérable dans son entourage. Elle crée la Fondation Eva Peron dont le rôle est d'assister les pauvres. Eva Perón a été emportée par un cancer de l'utérus à l'âge de 33 ans. Son corps a été embaumé et exposé jusqu'à ce qu'un coup d'État militaire ne chasse son mari du pouvoir en 1955. Son corps a alors été transporté à Milan, Italie, puis enterré sous la fausse identité de Maria Maggi de Magestris. Seize ans plus tard, en 1971, son cadavre a été exhumé et envoyé en Espagne. Son mari, retournant en Argentine comme président après son exil, y meurt en 1974. Le corps d'Evita est alors rapatrié en Argentine, brièvement exposé au public. Elle a été une nouvelle fois enterrée dans la tombe familiale du cimetière de la Recoleta de Buenos Aires
Durant votre voyage en
Argentine, je ne pense pas que vous aurez l'occasion de connaître la troisième
ville du pays : Rosario.
Touristiquement elle n'est pas de grand intérêt mais elle fut le lieu ou tout à
commencer pour un des emblèmes de la nation et pour un personnage mondialement
connu.
Le drapeau de l'Argentine, est constitué de deux bandes bleues ciel
horizontales séparées par une bande blanche. En son centre est placé un emblème
représentant le soleil, doré. D'après la tradition, il a été créé en 1812 par
l'intellectuel, devenu général, Manuel
Belgrano (il fut un des principaux leaders de la guerre d'Indépendance)
quand il regarda le soleil devant les côtes du Paraná, depuis la ville de Rosario.

Plusieurs peuples latino-américains se sont inspirés du drapeau argentin dans le choix de leur propre drapeau. Il fut en son temps adopté par les Provinces unies d'Amérique centrale, et c'est pour cela que les drapeaux du Salvador, du Honduras et du Nicaragua sont très semblables au drapeau argentin, tout comme celui du Guatemala.
Ernesto Rafael Guevara de la Serna, plus connu sous le nom de Che Guevara ou Le Che, né le 14 juin 1928 à Rosario et exécuté le 9 octobre 1967 à La Higuera (Bolivie), est un révolutionnaire marxiste et homme politique d'Amérique latine. Alors qu'il est jeune étudiant en médecine, Guevara voyage à travers l'Amérique latine, ce qui le met en contact direct avec la pauvreté, dans laquelle beaucoup de gens vivent alors. Son expérience et ses observations pendant ces voyages l'amènent à la conclusion que les inégalités socio-économiques ne peuvent être changées que par la révolution.

Même si le nom et la vie de
Che a plus à voir avec la petite île de Cuba, il est important de savoir que le
Che était Argentin. Son grand projet « caché » était de diffuser la révolution
dans toute l'Amérique du Sud et l'on peut supposer qu'il se serait chargé
personnellement de conduire le mouvement en Argentine depuis la Bolivie. Le destin, et bien trop
souvent, les intérêts de certains, en ont décidé autrement. Il existe de
nombreux libres écrits à son sujet, le plus émouvant à mes yeux est de loin «
les survivants du Che » d'Ariel Alarcon
Ramirez, dit "benigno" qui retrace les derniers instants de sa
vie et l'échappée de ses compagnons de lutte en Bolivie.
Je citerai Régis Debray qui disait:
« Le Che nous rappelle que le "dur
désir de durer" n'est pas l'alpha et l'oméga de l'histoire, et qu'il peut,
qu'il doit y avoir aussi, chez quelques-uns, le dur désir de rester pur. Nous
en avons bien besoin, de ces exemples, pour affronter nous-mêmes la durée, dans
le moins mauvais état possible. »

Issu de la bourgeoisie
chilienne, Salvador Allende fonde le
parti socialiste chilien en 1933 à l'âge de 25 ans. Sa carrière politique
connaît une ascension fulguante : Elu à la chambre basse du Congrès à 29 ans,
Ministre de la Santé à 31 (il inventa la sécurité sociale pour les ouvriers)
sénateur à 37, fonction qu'il occupera pendant un quart de siècle.
Malgré ces francs succès, Salvadore
Allende n'arrive à la tête de l'Exécutif chilien qu'en 1970. Pour la
première fois, un socialiste accède par les urnes à la tête d'un pays
d'Amérique latine. Allende n'a rien d'un tribun révolutionnaire friand de
rhétorique. C'est un homme politique forgé dans les luttes quotidiennes. Il vise
à conquérir des espaces pour une politique populaire, au sein d'un système
démocratique représentatif dans lequel les politiques d'alliance favorisant la
gauche sont réalisables. Mais jamais il n'abandonne la critique du capitalisme
et le désir de socialisme.
C'est la grande différence entre ses positions et celles de l'actuel Parti socialiste chilien, membre de la Concertation démocratique au pouvoir depuis la fin de la dictature. Pour Allende, être réaliste ne signifie pas nier l'avenir en se contentant d'une politique «pragmatique ». Il n'a pas pu terminer son mandat présidentiel, qui devait durer jusqu'en 1976. En effet, le coup d'État du 11 septembre 1973 renverse son gouvernement et met en place le régime militaire. Il se suicide durant les bombardements aériens faits au palais de la Moneda.