Argentine Chili

Quelques Artistes Argentins et Chiliens

Victor Jara (1932-1973) - Le courage et la grâce. De tous les artistes chiliens, Victor Jara, est sans aucun doute l'un de mes préférés, voire mon préféré. Et il faut bien avouer que d'écouter ses musiques, avec ses mots et sa voix, donne des frissons quand on sait comment Victor Jara est mort... Pour ceux qui ne le savent pas, je vous laisse découvrir... :
Militant du parti communiste chilien, membre du Comité central des jeunesses communistes du Chili jusqu'à son assassinat, Jara a, au travers de ses textes, cherché à faire partager son idéal de justice et sa volonté de reconstruire une société plus égalitaire et plus juste. Les paroles de Jara sont souvent très engagées et très politiques. Ce sont des chansons de luttes dans lesquelles il s'adresse directement au peuple Chilien ou Sud Américain, à cette cohorte de paysans, ouvriers, travailleurs et révolutionnaires. Il devient le porte-parole des plus démunis, de ceux à qui la parole est confisquée.

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Le 11 septembre 1973, date du coup d'État intenté contre Allende, Jara se rend à l'Universidad Técnica del Estado, son lieu de travail, rejoindre d'autres professeurs et élèves pour manifester son refus du nouveau pouvoir en place. Les militaires, après avoir encerclé l'université, y pénètrent et arrêtent toutes les personnes se trouvant à l'intérieur.
Jara est déporté au Stade Chile de Santiago, reconverti en immense prison, où durant plusieurs jours, il apporte soutien et réconfort à ses camarades de détention. Il chante même pour ses codétenus afin de leur redonner courage. Interrogé et torturé, les militaires lui brisent les doigts à coup de crosse, ces mains qui caressaient sa guitare, les voilà saccagées. Mais la barbarie ne fait que commencer, tant pour Jara que pour le peuple Chilien. L'écrivain Miguel Cabezas témoin des dernières heures du chanteur livre un récit devant lequel l'horreur suscite la révolte : "On amena Victor et on lui ordonna de mettre les mains sur la table. Dans celles de l'officier, une hache apparut. D'un coup sec il coupa les doigts de la main gauche, puis d'un autre coup, ceux de la main droite. On entendit les doigts tomber sur le sol en bois. Le corps de Victor s'écroula lourdement. On entendit le hurlement collectif de 6 000 détenus. L'officier se précipita sur le corps du chanteur-guitariste en criant : "Chante maintenant pour ta putain de mère", et il continua à le rouer de coups. Tout d'un coup Victor essaya péniblement de se lever et comme un somnambule, se dirigea vers les gradins, ses pas mal assurés, et l'on entendit sa voix qui nous interpellait : "On va faire plaisir au commandant". Levant ses mains dégoulinantes de sang, d'une voix angoissée, il commença à chanter l'hymne de l'Unité populaire, que tout le monde reprit en chœur. C'en était trop pour les militaires ; on tira une rafale et Victor se plia en avant. D'autres rafales se firent entendre, destinées celles-là à ceux qui avaient chanté avec Victor. Il y eut un véritable écroulement de corps, tombant criblés de balles. Les cris des blessés étaient épouvantables. Mais Victor ne les entendait pas. Il était mort".

Il meurt le 16 septembre, peu de temps avant de fêter ses 41 ans. Son corps, criblé de 34 impacts d'armes automatiques, est retrouvé avec cinq autres personnes à proximité du cimetière métropolitain.
Aujourd'hui, l'horreur a cessé et le sang a séché. Le Chili n'en a pourtant toujours pas fini avec ce passé qui ne passe pas. Le Stade Chile de Santiago, lieu de déportation et siège de tant d'horreurs, d'exactions et de tortures, porte désormais le nom de Victor Jara, chanteur humaniste engagé, citoyen qui jusqu'à l'heure de sa mort fit preuve d'un courage exemplaire, payant de sa vie son idéal de justice pour avoir simplement "El derecho de vivir en paz" (le droit de vivre en paix).

Atahualpa Yupanqui

Héctor Roberto Chavero, dit Atahualpa Yupanqui, né à Pergamino (région de Buenos Aires) le 31 janvier 1908 était un poète, chanteur et guitariste argentin.
Son pseudonyme, choisi dès l'adolescence, est formé d'Atahualpa, le dernier empereur inca, assassiné par les conquistadores de Francisco Pizarro, et de Yupanqui, "le Grand Méritant", cacique suprême des indiens quechuas.
Son père est d'ascendance quechua, sa mère basque. Dès l'âge de six ans, il apprend à jouer du violon et de la guitare. À la mort de son père, en 1921, il se décide à devenir artiste et pratique divers métier pour gagner sa vie. Il parcourt alors les grands espaces de son pays, découvrant la réalité misérable où vit le peuple des campagnes, indiens ou métis. Il devient leur porte-parole dans ses premières compositions - Camino del Indio, Nostalgia de Tucumán. En 1928, journaliste à Buenos Aires, il rencontre l'anthropologue Alfred Métraux, avec qui il explore la Bolivie. Sa connaissance intime des êtres, des paysages, des coutumes ancestrales et de l'âme indienne nourrit son inspiration.

Il fait ses débuts en France en 1950, présenté par Édith Piaf au théâtre de l'Athénée, à Paris. Il acquiert une certaine notoriété et il devient l'ami de Louis Aragon, Paul Éluard, Picasso, Rafael Alberti. Il multiplie les tournées en Europe et dans le monde entier.
Comptant à son répertoire plus de 1 500 chansons, selon les formes mélodiques du folklore argentin, il compose des milongas, des chacareras, des vidalas, des zambas, des bagualas, des canciones.
Il est mort le 23 mai 1992 à Nîmes, France. Selon son désir, son corps fut rapatrié dans son pays natal et repose à Cerro Colorado (Córdoba, Argentine).

Mercedes Sosa est une chanteuse argentine, originaire de San Miguel de Tucumán. Très populaire dans toute l'Amérique latine, elle est appelée La Negra (La Noire) par ses admirateurs. C'est une immense artiste reconnue et écoutée dans de très nombreux pays.
Elle a connu un immense succès non seulement dans son pays, mais dans toute l'Amérique du Sud. Sa voix, reconnaissable entre toutes, a interprété d'innombrables chansons issues du folklore, ou des compositions plus récentes, parfois écrites spécifiquement pour elle. Elle a aussi interprété de façon très émouvante les chansons de la grande artiste chilienne Violeta Parra, et celles d'Atahualpa Yupanqui, auteur et compositeur argentin.

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Elle a dû s'exiler à Paris, puis à Madrid, fuyant le régime dictatorial de son pays, après le coup d'État de Jorge Videla.
Elle est retournée en Argentine en 1982, quelques mois avant la chute du régime militaire, et organisa un grand concert à l'Opéra de Buenos-Aires, avec de nombreux autres artistes. L'enregistrement de ce concert est l'un de ses disques les plus importants.
Elle est ambassadrice de bonne volonté pour l'UNESCO (avec Alyssa Milano pour l'UNICEF aux USA) en Amérique latine et aux Caraïbes.

La mère de Pablo Neruda, institutrice, meurt un mois après sa naissance.
À treize ans déjà, il publie ses premiers poèmes et textes en prose. À partir de 1921, il étudie la langue et la littérature française à Santiago et la pédagogie. Il choisit son pseudonyme en hommage au poète tchèque Jan Neruda, et veut devenir professeur de français.
A dix-neuf ans, il publie son premier livre Crepusculario (Crépusculaire).
En 1927, Neruda entre au service diplomatique. Il devient consul à Rangoon, Colombo, Batavia, Calcutta, Buenos Aires. À partir de 1935, il est consul en Espagne où il entretient des relations amicales avec Federico García Lorca qu'il avait connu à Buenos Aires et qui aura une influence déterminante sur sa vie et son œuvre. Après le putsch fasciste de Franco du 18 juillet et l'assassinat de García Lorca, Neruda se fait l'avocat de la République espagnole. Il fait des voyages au Mexique, à Cuba et au Pérou. Il visite la forteresse inca de Machu Picchu. En 1945, il est élu au Sénat et devient membre du parti communiste chilien.

Pablo Neruda

En 1946, Neruda dirige la campagne électorale de González Videla qui, après son élection comme président, se révèlera être un dictateur farouchement anticommuniste. Le poète réagit par un discours au sénat portant le célèbre titre d'Émile Zola : J'accuse ! Il peut à peine échapper à son arrestation et se réfugie à l'étranger. Son exil en Europe le conduit en URSS, en Pologne, en Hongrie, en Italie. Il visitera également l'Inde et le Mexique. C'est là que paraîtra en 1950 son Canto General (Chant Général), écrit dans la clandestinité. L'œuvre est immédiatement interdite au Chili.
En 1949, Neruda est devenu membre du Conseil Mondial de la Paix à Paris, en 1955, il obtient, ensemble avec Pablo Picasso, le Prix international de la paix et en 1953, le Prix Staline international pour la paix. Il rencontre la femme de sa vie, Matilde Urrutia qui l'inspire pour des poèmes d'amour d'une fulgurante beauté Cien sonetos de amor (La Centaine d'Amour).
De retour au Chili en 1952, il publie en 1954 les Odes élémentaires. En 1957, il devient président de l'Union des écrivains chiliens, l'année suivante il publie : Extravagario (Vaguedivague). Cette même année, tout comme en 1964, il soutient pleinement la campagne électorale de Salvador Allende Goossens comme candidat à la présidence de la République.
En 1969, le parti communiste le désigne comme candidat aux élections présidentielles, mais Neruda renonce en faveur d'Allende comme candidat unique de l'Unidad Popular. Après l'élection d'Allende, Neruda accepte le poste d'ambassadeur en France.
Le 21 octobre 1971, Pablo Neruda obtient, après Gabriela Mistral en 1945 et Miguel Ángel Asturias en 1967, comme troisième écrivain d'Amérique Latine, le Prix Nobel de littérature. En 1972, il retourne au Chili et est triomphalement accueilli au stade de Santiago.
Le Coup d'État du 11 septembre 1973 au Chili renverse le président élu, Salvador Allende. La maison de Neruda à Santiago est saccagée et ses livres sont jetés au bûcher. Le poète et homme politique meurt le 23 septembre 1973 d'un cancer du pancréas, à la Clinique Santa Maria de Santiago. Son inhumation devient, malgré une surveillance policière effrayante, une manifestation de protestation contre la terreur militaire. En 1974, l'autobiographie de Neruda Confieso que he vivido (J'avoue que j'ai vécu), paraît à titre posthume.

Jorge Luis Borges (Buenos Aires 24 août 1899 - Genève 14 juin 1986) était un écrivain et poète argentin. Son vrai nom est Jorge Francisco Isidoro Luis Borges Acevedo mais, selon la tradition argentine, il ne l'utilisait jamais en entier.
Certains considèrent Borges comme l'un des fondateurs de l'école latino-américaine du réalisme magique. Il est considéré comme l'un des principaux auteurs de fiction sud-américains du XXe siècle. D'autres y voient au contraire un écrivain universel dans lequel peut se reconnaître toute l'humanité.
Borges est devenu aveugle assez jeune mais de façon progressive, ce qui eut une forte influence sur ses écrits.

Jorge Luis Borges

Son travail est profondément érudit, et à l'occasion délibérément trompeur (Tlön uqbar orbis tertius). Il traite souvent de la nature de l'infini (La bibliothèque de Babel, Le livre de sable...), de miroirs, de labyrinthes, de la réalité, de l'identité ou encore de l'ubiquité des choses (La loterie de Babylon).
Outre les fictions, son œuvre est abondante et largement appréciée. On y trouve des critiques de films et de livres, de courtes biographies et de plus longues réflexions philosophiques sur des sujets tels que la nature du dialogue, du langage, de la pensée, ainsi que de leurs relations. Il explore aussi empiriquement ou rationnellement nombre des thèmes que l'on trouve dans ses fictions, par exemple l'identité du peuple argentin. Dans des articles tels que L'histoire du Tango et Les traducteurs des Mille et Une Nuits, il écrit avec lucidité sur des éléments qui eurent sûrement une place importante dans sa vie.

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Francisco Coloane est un écrivain chilien né le 19 juillet 1910 à Quemchi, Chiloé et décédé le 5 août 2002 à Santiago du Chili. Conteur et nouvelliste, il n'a eu de cesse de raconter la vie australe.
À l'age de neuf ans, il perd son père, ancien chasseur de baleines et capitaine d'un remorqueur. En 1923, il rejoint Punta Arenas à l'extrême sud du pays. Il s'y installe avec sa mère et étudie quelques années au séminaire Ancud. À seize ans, il interrompt ses études à la mort de sa mère. Dès lors, il va connaître de nombreux métiers. Fils d'un capitaine qui voyageait beaucoup, Francisco Coloane navigue à travers les canaux de Chiloé dès les premières années de sa vie. Il grandit à Puerto Montt mais les grandes expériences qui marquent sa vie se déroulent à Punta Arenas et plus précisément dans les grands espaces de la Terre de Feu. Ses romans sont un foyer de connaissances qui évoquent des régions méconnues de la géographie chilienne et bien au-delà ses écrits recréent vraiment la vie simple des êtres humains victorieux mais toujours en proie à la lutte constante mêlant magie, mystère, réalité et légende.

Sa bibliographie, riche, se compose, entre autres, de "Cap Horn" et "Tierra del Fuego" (1994), "Antardida" (1997), "Le Passant du bout du monde" (2000) ou encore son dernier roman "Naufrages" (2002). L'ensemble de son œuvre à été traduite en de nombreuses langues à l'étranger et une partie adaptée au cinéma. "Le passant du monde", comme il se désignait, demeure l'un des plus grands écrivains chiliens du XXe siècle.

Le Charango est un instrument que l'on trouve principalement en Bolivie, Pérou, Equateur et au Nord-Ouest de l'Argentine. Mais le "virtuose" de cet instrument est bel et bien un Argentin.

jaime torres

Du grand Maître bolivien Mauro Nuñez, Jaime Torres reçut ses premiers cours et son premier charango, et de son père, Eduardo Torres, l'habile ébéniste, les suivants. Il apprit de l'un, l'essence de la musique andine et de l'autre, les techniques les plus élémentaires comme les plus savantes.
Son talent d'interprète et sa maîtrise de l'instrument ont fait passer le charango d'instrument d'accompagnement des flûtes andines à un instrument première voix, instrument de soliste.

jaime torre

Avant que Jaime Torres ne le fasse connaître à travers la planète, dans les années 60, le Charango était un instrument folklorique limité à la Bolivie et au Nord de l'Argentine. "On le trouve désormais dans les rues du monde entier, constate ce petit homme aux yeux aussi vifs que sa conversation. Mais je voudrais que ceux qui le jouent, comme ceux qui l'écoutent, n'oublient pas qu'il provient d'un peuple qui s'est longtemps battu pour ne pas disparaître".
Jaime Torres, né en 1938 en Argentine de parents boliviens, reçoit son premier charango à 5 ans. Il n'en connaîtra pas d'autre pendant dix ans, jusqu'à ce que son père ébéniste en fabrique un à la taille de ses doigts d'adulte. Sa virtuosité à ce jour inégalée vient peut-être de là : il a longtemps joué sur un charango trop petit.

"Quand je joue, je pense à mon père qui a fabriqué mes charangos, je revois ma mère et mes grands-parents qui dansaient".

S'il y a un sujet sur lequel Torres est intarissable, c'est le Tantanakuy ("rencontre", en quechua), centre culturel qu'il a fondé en 1973 près de Humahuaca (province de Jujuy) pour sauvegarder et transmettre les traditions. "Nous célébrons chaque mois d'août la fête de la Pachamama, la mère-terre nourricière. Nous vénérons aussi le Soleil et la Lune. Quand je vois la mobilisation actuelle contre le réchauffement climatique, je pense que nous, peuples quechuas, avons des années d'avance", confie le virtuose en riant.

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Borispatagonia

Voyages en Patagonie à la carte en toutes saisons. Par exemple, selon le climat, de Bariloche, en Patagonie argentine, il est possible de gagner Puerto Montt, au Chili, en traversant successivement trois lacs en bateau, comme le faisaient les jésuites et les premiers colons allemands. Je vous propose une excursion qui mène jusqu'à l'océan Pacifique. Elle est assez longue, mais la beauté des sites - forêts, volcans et lacs cristallins - est telle qu'elle vaut la peine d'être faite. Du côté argentin, on traverse le bras ouest du Nahuel Huapi ainsi que le lac de Puerto Alegre et, du côté chilen, le lac de Todos los Santos. On passe d'un lac à l'autre en bus. Cette excursion est réalisable en toute saison mais, en hiver, il faut compter deux jours pour atteindre Puerto Montt, avec un arrêt d'une nuit à Peulla. On regagne Bariloche par avion ou par le même chemin, après une nuit à Puerto Montt. Borispatagonia se charge également des visas pour entrer au Chili et de réserver les hôtels. En Patagonie, hiver et été sont des saisons touristiques. En été, outre la découverte des alentours, de nombreuses activités sont praticables : escalade, pêche en torrent, voile, équitation, randonnées, chevauchées, visites d'Aciendas... En hiver, la principale activité est, bien entendu, le ski, surtout en juillet et août du côté de la Cordillère des Andes, mais pas seulement : des randonnées en raquettes, des circuits thématiques, des nombreuses balades pour admirer la beauté de La Patagonie argentine et chilienne en cette saison, dû par une lumière si particulière, la chaleur des habitants de la Patagonie...